J'ai quitté ce monde et je suis revenu transformé
 
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 Chambre de Julian Gordon {Introduction}

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Julian Gordon
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Nombre de messages : 28
[F]onction : Conseiller et battre les cartes.
[S]tatut : Vampire noble
Date d'inscription : 13/05/2007

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de: Maître de Tatiana
[L]ignée: Lilianite
[G]énération: 7ème
MessageSujet: Chambre de Julian Gordon {Introduction}   Lun 19 Nov - 19:47

Sa chambre l’attendait.

Non pas que la journée ait été véritablement difficile, mais l’idée de pouvoir se vautrer dans un lit moelleux, aéré, aux odeurs de fleurs lui était toujours aussi agréable. Julian appréciait le luxe. Il l’appréciait et le savourait comme il avait appris à le savourer 30 ans auparavant.

Soupirant, il se laissa dériver dans les couloires, laissant à ses pieds le soin de le guider de son bureau à ses appartements, chemin habituel, employé quotidiennement. Sans se lasser, il songeait au confort de sa vie actuelle, il pensait à sa situation, à ses clients… Il avait le temps de penser avant de franchir le seuil de « chez lui ». Le temps de réfléchir à la complexité du monde extérieur, réfléchir en tant que professionnel, en tant que médecin, en tant que sociologue. Avant d’oublier la neutralité. Il fallait penser et classer les cas de la journée avant de se retrouver. Une fois la subjectivité retrouvée, la vision se transforme, elle est utile et permet de revoir les clients avec un point de vue… Humain ? Un second point de vue. La joie, la possibilité d’être répugné, abasourdi, intrigué par les propos des clients, n’en avoir rien à foutre. La fin de la journée.

Julian décompressait en ressassant les détériorations de ses patients durant les 10 minutes qui le séparaient du premier étage Aile Nord. Il passait des autres, tous les autres, jeunes, vieux, pauvres, riches tarés, dépressifs… À lui. Juste lui et ses intérêts personnels. Qui allait-il manger ce soir ? L’envie de sang le taraudait depuis le tout début d’après-midi, il fallait trouver, et trouver vite. Il s’agissait avant tout de ne pas être violent. Comme il est dur d’être brutal et de se vouloir pacifiste ! Paradoxal ?

Non, conciliant.

Une jeune esclave accroupie plongeant et essorant une serpillière imbibée d’eau, mousseuse de savon à la lavande. Parfum trop fort, infect. Le cou était tendu, les cheveux tombaient sur le côté. La fille sursauta, remarquant Julian appuyé contre le mur, guettant ses faits et geste comme un chat, attendant que la sourie bouge pour la coincée. La fille n’est pas bête, elle a compris, elle ne bouge pas. Il la détaillait, petite, assez quelconque, la fille n’était pas aussi jolie que lui. Tremblait-elle ? Oui, elle avait peur. Elle plongea ses grands yeux de veau dans le regard fou du vampire obnubilé. Le rythme. Calme, puis cahotant, pour finir complètement affolé. Son cœur, comme il battait ! Il voulut sourire, mais à peine eu-t-il montré un croc que la jeune femme hurla, il cri bref, succinct mais puissant.

C’était humide, froid et puant. Il tenait la serpillière dans les mains. Serpillière que l’esclave venait de lui jeter à la figure avant de s’enfuir à toutes jambes et qu’il avait eu le reflex d’intercepter. Reculant d’un pas, il la lâcha, laissant l’objet encombrant tomber au sol dans un répugnant bruit de succion. Julian observa sa main dégoulinante d’eau sale durant quelques secondes avant de reporter son attention sur le tas de chiffon responsable.

Devait-il ou ne devait-il pas la tuer ?

Son odeur était facilement repérable, mais cette petite conne méritait-elle la mort ? Sûrement avait elle été violée, mordue à plusieurs reprises, le choc avait donc entraîné un reflex conditionné la poussant à fuir si un certain nombre de facteurs se trouvait réunis dans certaines conditions. Avait il été menaçant ? L’envie, c’est l’envie qu’elle avait lue dans son regard avide. Qu’avait elle cru ? Qu’il avait si peu d’amour-propre qu'il fut prêt a mordre ou à abuser du premier venu ? Elle avait raison. Ce n’était pas l’amour-propre qui serait parvenu à le retenir, mais le dégoût. Le dégoût total que lui inspirait cette petite garce de par sa condition, par son statut d’objet humain usuel, d’objet potentiellement sexuel.

Esclave. Si proche au fond de ce qu’il était autrefois.
Rien à foutre. Connasse.

Il n’allait pas perdre son temps à la poursuivre, ce n’était que de l’eau. De l’eau puante, de l’eau sale, souillée, répugnante, abjecte, infectée… Rien que de l’eau.

Battant des cils, il ne pu que détourner son regard du tas de tissus dans une mimique dégoûtée, et secouer ses mains de façon maniérée, en dégageant une myriade de petites gouttes. Tranquillement, il se remit en marche. La salle de bain n’était plus qu’à une centaine de mètres, tout allait bien, ce n’était que de l’eau savonneuse après tout. Il ne lavait pas le sol avec de la boue ! Mais qu’y avait il sur le sol ? De la terre humide provenant de l’extérieur, du sang, provenant des esclaves, comme celle-ci, de l’urine, du sperme…

Courant presque, il se précipita dans le couloir jusqu'à l’avant-dernière porte à gauche.
Les clefs. Pas de clefs. La clef !
Sa main fouilla rapidement la poche droite du jean, la clef fut trouvée. Cliquetant dans la serrure, ouvrant la porte et restant engoncée dans le trou prévu à cet effet, la clef resta dans la porte. La porte resta ouverte, et l’ouverture resta béante. Déjà les robinets de la salle de bains coulaient à gros débit, une épaisse vapeur bouillante se dégageait des flux et les mains de Julian rougirent, agressées par la chaleur, se frottant encore et encore l’une contre l’autre, les bras passant sous l’eau jusqu’aux coudes.

Coupant l’eau, sortant de la pièce carrelée devenue étouffante, Julian reprit une grande goulée d’air nette d’humidité. Stupide. Pourquoi ne parvenait il pas à se débarrasser de cette sensation de crasse? L’odeur de sang, de sueur, de sexe, si excitante par moments, si répugnante à d’autres…

Il alla récupérer la clef et fermer la porte calmement avant de se retourner d’un mouvement vif, et, dans un geste d’une rapidité surhumaine, de balancer à travers la pièce les verres qui jusque-là était disposés dans un parfait alignement sur un petit meuble de bois clair qui avait ici fonction de minibar.

Les verres ne tombèrent pas tous à la même vitesse, et le bruit de fragmentation produit par chaque récipient paru crissant, perçant, insupportables. Dissociant les sonorités, analysant la fragmentation et suivant chaque éclat du regard, il regarda l’œuvre du chaos.

La destruction.

Si minutieux travail pourtant que de morceler. Si beau et si curieux, ces milliers d’esquilles brillantes, parfaitement coupantes sculptées de façons nettes et précises en une fraction de seconde par un simple choc. La rencontre de deux matière aux molécules plus ou moins liées.

Curieusement, ce n’est pas la dureté qui fait la force. Le verre se brisera même sur une pierre qui s’effrite, à moins qu’il ne s’agisse d’une masse importante, une lourde plaque, dans ce cas, la pierre cèdera, explosera… Tandis que le diamant le plus petit l’entaillera. Travail minutieux, car là encore ne sont pas pris en compte les calculs d’angle de chute, de fragilité de la matière selon ses axes, de réactions chimiques…

Destruction.
Présente toujours, trouvable et introuvable, inaccessible indifférence en mouvement.
Présente toujours, cercle de vie. Vie brisée et maintenue par la mort. Diable… Que sommes nous ? Quel est cet être qui ne vit ni ne meurt ? qui est ce traître, celui qui brise la chaîne, qui dans la mort ne crée pas de nouvelles mailles ?
Celui qui ne peut voir le soleil sans fondre à l’image d’un caramel mou… Le caramel souffre t il ?

Il les sentit venir à lui. Monter lentement avant d’apparaître, faisant redescendre toute tension et le laissant dans un pitoyable état.

Les larmes.

Elles coulaient doucement le long de ses joues pâles et glabres.
Julian ne les aimait pas. C’était à cause d’elles qu’il n’était pas un homme, qu’il n’en serait jamais un. Pourtant, elles étaient libératrices… Parfois seulement. Lorsqu’il les acceptait. Pourquoi pleurait-il ?
Reniflant bruyamment, il essuya les rigoles d’eau salée du dos de la main.
Quelle connerie !

Il restait un verre posé sur la cheminée. Il s’approcha, écrasant le débris au sol puis saisi l’objet convoité. Il était sale. Tant pis. Il retourna jusqu’au bar et en sorti une bouteille de brandy dont il versa quelque centilitre dans le réceptacle prévu à cet effet. Sans même voir les grumeaux de poussières qui flottaient a la surface porta le verre à ces lèvres et avala goulûment son plein contenu.

Mmmh… C’était bon. Le liquide si agressif et si doux, destructeur mais si chaud… La destruction est-elle chaleureuse, apporte t elle bien être et réconfort a celui qui n’est plus ? Il s’en remit une rasade et alla s’asseoir plus loin dans un fauteuil.

C’était moche ici. Il était là depuis cinq lustres au moins et il n’avait pas refait la Déco. Lugubre et ringard. John n’avait aucun goût. Cela faisait peu de temps dans le fond que cet endroit était devenu sien. Cela lui avait demandé tant d’énergie de franchir cette porte et d’oublier l’odeur qui imprégnait les murs tapissés de soie brodée, les coussins, les tapis… Tout objet de tissu portait en lui l’esprit oublié de « sir Delaboisière ». Tout était « lui », il était chez « lui ». Donc il avait jeté, lui-même, interdisant a quiconque d’entrer et de toucher a ce qui avait été la vie de ce grand professeur. Il avait mis les bibelots et autres objets dans des boîtes et les avait foutu dans un entrepôt de banlieue qu’il payait consciencieusement chaque année, depuis 20 ans.

Ce n’était pas a lui de se débarrasser de ce que John avait laissé.

Il devait passer aux meubles. Arrêter cet envahissement de kitch doré, de richesses soyeuses… Des murs blancs. Des tissus clairs, ou noir et rouge peut être, pour lui rappeler l’ambiance de ce qui avait été sa maison durant son adolescence.

Julian se releva, quittant le fauteuil de John, un sourire crispé aux lèvres…

Désormais, une chose était à lui… Une seule chose. Elle était à Lui.

Et il allait la chercher.

Un rire nerveux, un peu fou, brisa le silence installé. Dans de grandes enjambées, il se dirigea vers la porte et plongea dans le couloir sans fermer derrière lui. Il était guilleret maintenant.

Passant une main dans ces cheveux, il ralentit le pas, avoir un humain, ou était l’intérêt ? Un esclave. Faire d’autrui ce qu’il avait été...

Conneries.
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