J'ai quitté ce monde et je suis revenu transformé
 
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 Vasco Abaddon

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Vasco Abaddon
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[F]onction : Oisif
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[M]aître/Esclave de: [M] de Chaton
[L]ignée: Lilianite
[G]énération: 2ème
MessageSujet: Vasco Abaddon   Jeu 5 Juin - 1:01

I.Renseignements généraux
[†] Nom : Abaddon
[†] Prénom : Vasco
[†] Surnom : A votre bon coeur mesdames… Messieurs, appelez-moi seulement Vasco, je vous prie…
[†] Âge : 152
[†] Âge apparent : Un peu plus de vingt ans.
[†]X - Génération : 2ème
[†]X - Lignée : Lilianite
[†]X - Pouvoirs :
Lire dans les pensées des vampires, Apparence du soleil
Saisir le linceul, Grimper aux murs
Voix manquante, Nécromancie
[†] Race : Vampire
[†] Lieu de naissance : Madrid
[†] Parti : Loyaliste
[†] Statut : Noble
[†] Fonction : Serviteur de ses propres caprices
[†] Sentiments vis-à-vis des humains: Doit-on nécessairement avoir des sentiments pour les insectes?


II. Descriptions

[†] Description physique :
A la lueur tamisée d’une lampe de chevet, un homme retournait entre ses doigts une enveloppe d’où émanait un parfum suave et doux, un parfum de femme. Assis dans un luxueux Voltaire. Il déchira d’un ongle le rebord de papier, sorti la seule page qui s’y trouvait et la déplia devant ses yeux…

Citation :
Cher Vasco,



Chaque seconde loin de toi est un supplice. Partout où je pose mon regard, je te vois. Mon corps souffre tant de ton éloignement ! Mes mains dessinent sans relâche les contours de ton corps, le relief sculpté de ton physique d’éphèbe. La douceur de ta peau, ton parfum, ta voix envoûtante me hantent chaque nuit. J’ai l’horrible impression d’être un poisson qu’un monstrueux pêcheur aurait sorti de l’eau. Il me manque la vie, il me manque toi et ton attention, toi et tes yeux vert pâle, ces billes de fauve à la limite du jaune sauvage qui me transpercent, qui me lacèrent comme une proie entre tes griffes. Je veux être ta proie, et me débattre entre tes bras puissants, plonger mes doigts dans tes longs cheveux sombres et m’y agripper, te faire mal et en subir les conséquences.

Reviens à moi, je t’en supplie.

Ta Dévouée Alice

…Un bout de langue émergea de la bouche, joua avec les piercings qui ornaient ces lèvres qui maintenant s’étiraient en un sourire malsain et délicieusement insidieux. Les prunelles presque jaunes quittèrent le papier pour se perdre au loin, tandis qu’il se levait, dominant la pièce plus par sa présence que par son mètre quatre-vingt. Un léger rire à la fois amusé et méprisant lui échappa, révélant l’espace de quelques instants les crocs pointus qui se distinguaient dans sa dentition parfaite.
Il glissa ses doigts dans ses cheveux, plaça une mèche derrière son oreille ornée d’une boucle. Malgré la pâleur de sa peau, son visage reflétait un petit quelque chose de latin, d’hispanique. Une fierté qui paraissait émaner de chaque pore de sa peau, le genre de fierté qui pousse à haïr ou à adorer.

Il laissa la lettre tomber au sol, marchant dessus au passage pour aller prendre son manteau. Une de ses mains passa sur son propre menton, impeccable comme d’habitude. Puis il rejeta ses cheveux par-dessus le col sombre, les laissant se balancer dans son dos, une large mèche indisciplinée retombant devant ses traits fins et distingués. Sa démarche, son assurance, son maintient, son élégance… Tout en lui reflétait le noble qu’il était. Malgré un style travaillé et peut-être féminin, on ne pouvait le prendre pour autre chose qu’un homme, sans doute en raison de son charme.

Ce soir, pour une fois, il allait un peu oublier ses prétentions. Ce soir, il se devait de satisfaire Alice.



[†] Description caractérielle :
Non, je t’en prie, ne me regarde pas avec ces yeux effrayés…

Je ne cherche pas à te faire du mal, tu sais. Ou alors juste un tout petit peu. Mais c’est toi qui l’avais voulu, non ? Ne désirais-tu pas être ma proie ? T’agripper à moi et en subir les conséquences ? Alors les voici.

Ne nie pas, je sais que tu as adoré, que tu adore encore. Moi je me délecte de ces sensations, de tes sentiments de terreur et de plaisir. Ne sois pas surprise, tu savais très bien où tu mettais les pieds. A vrai dire, si tu m’avais oublié, tu ne serais pas dans cette horrible situation. Seulement tu as tellement souhaité que je m’intéresse à toi… Tu es si pâle, chère Alice. Le pays des Merveille te met-il à ce point en émoi ? Il est magnifique, n’est-ce pas ? Moi je l’appelle « néant ». Ce n’est rien, et vois comme tu y as trouvé tout ce que la vie n’aurait jamais pu t’apporter. C’est mon univers, celui que je chéri, celui auquel je t’ai offerte.

Je t’aime beaucoup ainsi, tu le sais ? A vrai dire ton corps et tes désirs ne m’intéressaient que moyennement, mais finalement tu avais raison. Tu es merveilleuse en jouet dévoué. Tellement merveilleuse que je n’ai pas été en mesure de me retenir. Te serrer dans mes bras, corps à nu, peau contre peau, sentir ta chaleur m’envahir, et la douceur de tes lèvres, la passion dans tes baisers, tout ça c’était… Divin. Tu es si brillante, ma tendre Alice. Si captivante quand tu te laisse emporter, soumise au désir, esclave des sens et de mon bon vouloir. Je crois que j’ai été moi aussi esclave quelques secondes, celles-là même où finalement j’ai plongé mes crocs dans ta gorge si amoureusement offerte. Pendant cet instant, tu étais tout pour moi, et à présent, tu n’es rien.

Je n’ai pas ressenti ta peur quand, gorgée après gorgée, j’ai volé ton sang, ta vie et ton âme. Tu as continué à te perdre dans mes bras, et ce n’est que lorsque les derniers souffles d’existence franchissaient tes lèvres que tu m’as encore surpris. L’éclat et la violence de ta terreur, les battements affaibli de ton cœur qui se débattait pour vivre, tes ongles qui tentaient faiblement de se planter dans ma chair, et ce gémissement perdu entre l’extase et l’horreur… Chère Alice, je crois que bien peu de bétail en ce monde a pu me procurer un tel plaisir.
J’ai cru lire un instant, quelque part au fond de tes yeux, que tu pensais accéder à la vie éternelle. Mais ma douce, ce cadeau ne revient qu’aux plus méritants, et ton désir pour moi t’a hélas privé de tout espoir. Tu as cédé si vite qu’à présent cet orgasme que tu m’as offert parait atrocement lointain.

Tu n’es plus effrayée ? C’est bien. Je crois que l’absence de vie fait aussi disparaitre tout ce qui te permettait de ressentir des choses. C’est la loi de la nature, trésor. Mais rassure-toi, malgré ton inutilité actuelle, la mort ne fait que ressortir ta magnificence.


Les flammes du chandelier faisaient danser les ombres sur le corps nu du vampire. Entre ses doigts, le visage d’une superbe jeune femme affichait encore une expression de terreur malgré son regard rendu vide. A quelques mètres, sur le lit, le reste du corps de cette même jeune femme gisait. Les crocs du monstre qu’était Vasco lui avaient lacéré la gorge, déchiré les chairs, et ses doigts avaient fini de briser la nuque, ne laissant que la tête entre ses mains. Son sourire malsain et insidieux était à présent tâché de sang. Un sang bruni qui commençait à sécher. Il reposa la tête, faisant quelques pas en abandonnant le corps vaguement reconstitué, poursuivant son monologue.

Peut-être as-tu cru que nous étions faits l’un pour l’autre. Oui, tu y as cru, c’est une évidence. Mais ma pauvre Alice, chère enfant des merveilles, mon amour ne revient qu’à mes semblables. Ma fidélité n’est offerte qu’à mes seigneurs et mon existence n’appartient qu’à ma Reine.

Tu le savais, n’est-ce pas ? Mais comme tous les jouets, tu ignorais ta propre insignifiance.


Il se tut finalement, franchissant une porte. Il était temps qu’il aille faire un brin de toilette.


III. Dans la vie courante
[†] Style de combat :
Vasco est un amoureux du combat au corps à corps, ses années à l’armée lui ayant donné goût au contact. Pourtant il est parfaitement en mesure de se servir de tout et n’importe quoi comme arme, sans compter son expérience en matière d’explosifs. Il apprécie l’armement en général, collectionnant lui-même quelques petites merveilles tueuses. Rapide et précis, il aime prendre son temps quand une proie est faible. Pour les créatures plus puissantes, il se contente d’aller à l’essentiel, et de tuer rapidement. Ses réactions sont très difficiles à prévoir, ce qui lui donne un sérieux avantage.

[†]
Relations :

Liliane: sa Reine, sa mère, celle à qui il doit tout.
Hécatriyel : triste décès… Un infant si prometteur !
Sacha : adorable Sacha ! Une esclave comme on en fait plus ! Il adore jouer avec elle, lui faire réaliser à quelle point elle peut être insignifiante pour mieux voir cette hargne de survie qui brûle en elle.

[†] Signes particuliers :
Vasco possède quelques piercings à la lèvre inférieure et aux oreilles. Il fait parfois plus penser à un mauvais garçon qu’à un noble. Pourtant ses manières et ses goûts vestimentaires témoignent sans peine d’une certaine prestance.

IV. En plus //


Dernière édition par Vasco Abaddon le Jeu 3 Juil - 22:49, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Vasco Abaddon   Jeu 5 Juin - 1:15

[†] Histoire :

Citation :
Il fait relativement clair dans la pièce. Pourtant l’environnement confortable mais décalé temporellement donne un arrière-goût d’obscurité. Deux voltaires se font face, et entre eux, une petite table d’ébène sculpté laisse à portée de main deux verres en partie remplis d’amaretto, la bouteille trônant entre eux, à côté d’une bougie exultant un parfum discret mais néanmoins délicieux. Le vampire s’avance, tirant sensiblement l’un des luxueux fauteuils pour vous inviter à vous assoir. Il est charmant, vraiment. Il n’hésite d’ailleurs pas à vous proposer autre chose si l’amaretto vous incommode. Mais vous ne demandez rien d’autre, appréciant l’amabilité de votre hôte, et vous vous installez, certainement curieux d’entendre ce qu’il a à raconter...

Bien… Donc vous vouliez connaître mon histoire. De fait, je doute que cela puisse vraiment vous intéresser. Mon passé d’humain a une certaine importance à mes yeux, mais nous dirons que c’est plus sentimental qu’autre chose. Je n’ai pas vraiment de regrets quant à ma transformation. Je dirais même que je vis enfin depuis ma mort. C’est paradoxale, mais pourtant vrai.

Citation :
Il contourne son fauteuil et s’assoit à son tour, face à vous, ses prunelles vous paraissent tout à coup nettement plus jaunes que vertes en raison de l’éclairage de la bougie, sans doute. Il pose ses coudes sur les accoudoirs, croise ses doigts sous son menton et ferme un instant les yeux, cherchant de vieux souvenirs.

Je crois que je peux me vanter d’avoir eu une vie plutôt facile. Je n’ai jamais vraiment ressenti le besoin de me donner beaucoup de peine pour obtenir ce que je voulais, du moins dans les premières années. Les autres se sont toujours sacrifiés à ma place, à commencer par ma mère. Je ne dois même plus avoir de photographie d’elle. Elle est décédée peu de temps après ma naissance. Le cancer paraît-il. Si elle n’avait pas refusé le traitement, elle n’aurait jamais pu mener sa grossesse à terme et je ne serais jamais venu au monde. C’est beau, non ? Elle m’a offert la vie au détriment de la sienne. J’imagine qu’elle aurait été déçue de me voir la donner ensuite à quelqu’un d’autre. Mais l’immortalité a du bon, je trouve,

Je suis né un deux novembre. Le jour des morts soit disant. C’est assez ironique, je trouve, pas vous ? Enfin bref. Je suis donc né à Madrid, en Espagne. Ma mère était française, et mon père, et bien… Cet homme était un riche industriel catalan qui n’a pas tardé à remplacer son amour défunt par une jeunette d’à peine dix-huit ans. Ma mère biologique est décédée à peine deux mois après ma naissance et cette demoiselle toute juste sortie de l’adolescence s’est retrouvée avec le bébé que j’étais sur les bras. J’aurais presqu’eu de la peine pour elle, si elle n’avait pas été capable de m’éduquer. Oh, je sais ce que vous aviez pensé. Vous imaginiez sûrement qu’elle me confierait à une nourrice quelconque, après tout elle en avait les moyens avec l’argent de mon géniteur. Mais elle ne l’a jamais fait.
Adela, c’était son prénom, m’a élevé avec une tendresse que personne ne lui aurait prêtée. Elle m’a toujours donné cet amour que ma mère biologique n’a pas eu le temps de m’offrir et que mon père n’a jamais daigné me consacrer. A bien y réfléchir, je ne me rappelle pas avoir jamais appelé « papa » l’aujourd’hui défunt monsieur Abaddon. Il remplissait son rôle en remplissant le compte en banque, pour le reste… J’avais Adela.

Mes premières années se passaient relativement bien. J’allais dans une école privée, où il fallait exceller tant dans les arts que dans les sciences, mais c’est surtout dans l’escrime et la séduction que j’étais brillant. Pour ce qui était de mes résultats scolaires, je n’ai jamais rencontré de problèmes. Je me classais dans la moyenne supérieure, au plus grand damne de mes professeurs qui ne comprenaient pas pourquoi j’appliquais la loi du moindre effort quand j’aurais pu être un petit génie. Enfin passons. La scolarité ne m’était d’aucune utilité. Ce qui m’intéressait, c’était d’apprendre l’usage de la manipulation. Adela n’a jamais ignoré cette parcelle répugnante de ma personne. Je dirais même que je la fascinais en cherchant toujours un meilleur moyen d’obtenir des autres ce que je refusais de m’abaisser à faire.
Son regard tendre et maternel suivait mon comportement cruel comme si j’avais été le meilleur des enfants qui soit. Mon père n’a jamais rien fait pour m’encourager, ni pour m’empêcher d’avancer dans la vie. Du moins pas jusqu’à mes treize ans.
C’est peu de temps après mon anniversaire qu’il a commis une erreur. Il ne s’était jamais vraiment occupé d’Adela non plus, et son manque de présence lui provoquait des croyances abjectes. Il était convaincu qu’Adela le trompait. Grossière erreur. Il croyait que je n’écoutais pas ce soir où pour une fois il est rentré avant la nuit pour commencer à insulter ma belle-mère. Il l’a traitée de tous les noms, allant de traitresse à traînée, en passant par d’autres termes colorés que je vais vous épargnés. Elle a bien évidemment démenti, ce qui a très certainement rendu mon père encore plus furieux qu’il ne l’était. La conversation a mal tourné, et il a voulu s’en prendre à Adela.
Oh non, ne vous faîtes pas d’illusions, jamais je n’ai été défendre ma chère belle-maman. Elle s’en est très bien sorti toute seule, avec un simple couteau de cuisine. Le seul service que je lui ai rendu, c’est en témoignant en sa faveur. Je n’ai fait que dire la vérité sur les faits, les preuves étaient visibles grâce aux nombreuses marques que les poings de mon père avaient laissés sur le corps d’Adela. Le mariage ayant été toujours d’actualité, elle a hérité de toutes les richesses et de moi.
Je me rappelle encore son regard baissé par la culpabilité quand elle me regardait, croyant que je la considérerais comme un monstre. Elle était juste humaine, et tout compte fait, je n’ai pas regretté la mort de mon géniteur.
Après l’enterrement de monsieur Abaddon, elle a voulu quitter l’Espagne, et je n’ai fait qu’encourager ce choix. Nous sommes allés vivre à Venise, là où j’ai sans doute eu les meilleurs souvenirs de mon passé humain.

Le déménagement eut lieu en été. Je m’en rappelle car il faisait une chaleur incroyable, et que la climatisation du luxueux appartement qu’elle avait acheté souffrait d’une panne. Nous déambulions en tenues légères, elle dans ses robes incroyablement fluides et moi torse nu. Elle avait à peine passé la trentaine, mais elle était toujours aussi magnifique. Je comprenais sans peine pourquoi mon père l’a imaginé avec un autre. Une femme comme elle n’avait rien à faire avec un vieux débris égocentrique comme lui. Sans doute s’est-elle rendu compte de ce changement dans mon regard, car bien souvent je la voyais baisser les yeux, mais cette fois sans que la culpabilité n’y soit pour grand-chose. Mais si belle qu’elle était, ses hésitations me rebiffaient. Du coup, la vie avait repris un train-train quotidien, le paternel en moins, et tout plein de nouvelles choses palpitantes en plus. Adela m’a laissé choisir l’école dans laquelle le voulais poursuivre ma scolarité et à sa plus grande surprise, j’ai choisi un établissement publique. Le privé est trop ennuyeux, les personnes y sont trop manipulables, trop similaires dans leurs certitudes et leurs désirs. Dans une école publique, il y avait plus de mélanges, plus d’intérêt, plus de choses surprenantes. Je n’ai pas tardé à devenir plus populaire que le beau gosse de l’école. Le pauvre n’a pas très bien pris la chose quand, au bout de quelques mois seulement, sa petite amie de trois ans mon aînée est venue me faire des avances. J’aurais été bien stupide de décliner, mais en même temps elle était… Trop intéressée. Oh, je ne dis pas que les jolies adolescentes aux formes généreuses comme celle-là ne m’intéressait pas, mais celle-ci était trop… Trop soumise. Et à vrai dire je me fichais pas mal que son copain prenne mon refus pour de la peur. Il était trop stupide pour se rendre compte de la superficialité de celle qu’il aimait.
Je vous ressers un verre ?

Citation :
Vous revenez brutalement à la réalité pour constater que vous tenez votre verre vide entre vos doigts. Peut-être hésiterez-vous un instant, puis vous finirez par le tendre en direction de la bouteille qu’il vous propose. Un sourire poli sur les lèvres, il vous ressert et repose la bouteille sur la table basse, avant de prendre lui-même son verre auquel il n’avait pas touché jusqu’alors.

Jusqu’alors, je n’avais jamais goûté aux joies des premiers ébats. Il fallait dire qu’à treize ans, je me trouvais encore un peu jeune, sans doute. Et la superficialité de mes camarades féminines me laissait complètement indifférent. Je ne me souciais que des mêmes choses qu’à Madrid : passer mes années sans avoir à trop me fatiguer et faire ce qu’il me plaisait le reste du temps. Tout a failli très bien se passer, mais il se trouve que je suis tombé sur mon premier véritable adversaire : le directeur. Je peux vous promettre qu’il n’y a rien de plus embêtant qu’un directeur quand l’héritage n’est pas accessible avant la majorité. Il m’était impossible de le soudoyer, et de plus ma gueule d’ange semblait lui rester en travers de la gorge. S’il arrivait quoi que ce soit dans l’enceinte de l’établissement, j’étais assuré de ma culpabilité, à tort ou à raison. C’était quelque peu ennuyeux, d’ailleurs. Et pour la première fois, Adela m’a abandonné.
Oh, son choix semblait plus douloureux pour elle que pour moi. Les longues heures de colle, les corvées et les devoirs supplémentaires, les journées de renvoi… Jamais elle n’a voulu s’opposer à la dictature de ce bureaucrate prétentieux. Adela disait qu’il me faudrait m’en sortir seul, ou ne pas être à la hauteur et l’accepter. C’était… Détestable. Du moins jusqu’à-ce que je trouve une solution. Impossible de lui faire quoi que ce soit directement, il me le rendrait au centuple. Il était encore loin de la retraite également.

Je me rappelle du seul conseil qu’Adela m’a donné face à ce cas de figure. Ces mots étaient… « Pour détruire un ennemi, deviens le meilleurs de ses amis. Si tu n’y parviens pas, deviens l’ami de son ami. » J’avoue que ce concept m’avait laissé perplexe à l’époque. Mais j’ai trouvé un moyen de l’appliquer. Tout a commencé un soir d’automne, lorsque pour ma énième heure de colle, je vidais les poubelles des bureaux. J’ai pris la liberté au passage de fouiner dans quelques dossiers, plus précisément celui de mon bourreau. Je n’y ai rien trouvé de honteux ou de préjudiciable, en revanche j’avais son adresse et quelques informations sur sa famille. Ce qui m’a particulièrement plu, c’était cette photo qu’il avait sur son bureau, celle de sa femme affichant un sourire merveilleux. C’est par elle que j’ai choisi de le détruire.
La rencontrer n’a pas été difficile. Jouer l’élève sage qui apportait les devoirs supplémentaires le jour même au domicile du directeur a joué en ma faveur. Il n’était pas chez lui à ces heures-ci, et sa femme semblait vite touchée de la peine que je me donnais. Elle en ai même venue à me proposer à chaque passage un petit arrêt pour boire quelque chose, en toute innocence bien sûr. Cela m’a pris deux ans. Deux ans pour qu’elle en vienne à fouiller les affaires de son mari pour obtenir ses coordonnées. Deux ans pour qu’elle cherche à me voir les jours où je ne passais pas, et où son mari était absent. N’imaginez pas des choses. Elle était séduite, mais jamais elle n’a cherché à faire quoi que ce soit, bien consciente que malgré mes quinze ans, je restais trop jeune pour elle. La solution s’est imposée d’elle-même le soir où, alors que j’ai fait mine de vouloir l’embrasser, je me suis rétracté. Prendre un air affligé n’est pas bien difficile quand l’ambition est pervertie par un désir de vengeance. J’ai ajouté un tout petit mensonge à ma gêne, prétextant que si son mari restait des soirées entière dans son école et dispensait des heures de retenues, c’était pour assouvir son désir malsain avec de jeunes garçons dans mon genre. Vous auriez dû voir sa tête ! J’ai dû me faire violence pour ne pas éclater de rire en la voyant aussi scandalisée ! Le pire, c’est qu’elle m’a cru. Elle a aussi choisi de faire cesser ces infamies, poussée par mes encouragements indirects. J’ignore ce qui s’est passé dans les détails. Tout ce que je sais, c’est que je ne l’ai plus revue depuis ce jours-là, qu’on a eu un nouveau directeur et qu’un meurtre sordide suivit d’un suicide avait fait la une des journaux peu de temps après.

Citation :
Il clos les paupières, se délecte d’une gorgée d’amaretto, puis vous fixe, d’abord indifférent, puis souriant. C’est encore un sourire charmant, en total désaccord avec ce premier aveux.

N’ayez pas l’air choqué. Cet homme l’avait bien cherché, croyez-moi. Et mon petit tour m’a valu les félicitations d’une Adela charmée de l’application que j’avais faite de son conseil. Je crois d’ailleurs que c’est cette même année que les choses ont changé avec ma belle-mère. Elle voyait facilement que certaines filles me tournaient autour. Je n’étais tout de même pas un Don Juan, mais son expression trahissait quelque chose semblable à de la jalousie en trouvant dans notre boîte aux lettres du courrier parfumé. Et d’ailleurs, elle affichait même du soulagement en me voyant jeter négligemment les dites lettres à la poubelle sans même les ouvrir. Un soir, nous avons discuté du sujet, surtout par principe. Elle n’allait pas m’apprendre les banalités dont les services sociaux rabattent les oreilles de la jeunesse sur les précautions à prendre et toutes ces choses ennuyeuses. La seule chose qui effrayait Adela, c’était de me voir avec une jeune fille de mon âge insouciante et sans saveur. J’avoue que sur le coup, j’ai eu des propos osés, mais il fallait avouer que dans sa robe à fleur, à la lumière tamisée du salon, elle était tout simplement splendide. Je ne vais pas vous parler en détail de cette conversation intime. Tout ce que je peux en dire, c’est que cette soirée a marqué mon passage à l’âge adulte.
Adela était un merveilleux professeur. Elle m’a enseigné tout ce qu’une femme peut aimer. Elle m’a appris à traduire chaque regard, chaque gémissement, chaque frémissement pour en tirer un maximum de profit. Avec son appui, j’ai d’ailleurs expérimenté ses dires sur les quelques jeunes filles qui me tournaient autour. Adela me montrait peu à peu une nouvelle facette de sa personne. Je la trouvais insatiable, avide de me montrer ce qu’elle savait, curieuse de me voir appliquer ses leçons, et ravie de me voir considérer les femmes comme de simples objets d’entraînement. Je ne me rappelle pas l’avoir entendu parler de l’importance des sentiments, ou d’une quelconque implication émotionnelle. Elle m’apprenait l’être et le paraitre, du jeu de séduction au passage à l’acte, sans compter l’accomplissement d’une séparation la moins dérangeante pour ma réputation. Elle m’a aussi étrangement aidé à m’ouvrir, à chercher mes propres compétences, quel que soient les expériences et les sexes. Cependant malgré quelques essais sur différents plans, j’avoue tout de même préférer les femmes, plus complexes et plus enclines l’abandon. Seulement ces délicieuses années qui ont également marquées la fin de ma scolarité obligatoire ont également achevées mon temps d’insouciance dans les bras d’Adela.
Je me dois de le répéter, mais Adela n’a toujours voulu que mon bien. Elle m’a poussé à adopter un certain style, a exigé que je me montre plus assidu principalement en sport, pour travailler mon physique, selon elle. Cette femme a d’ailleurs poussé son désir de me voir évoluer jusqu’à me repousser loin d’elle.

Citation :
Cette fois-ci, il ne vous demande pas votre avis. Se penchant sur la table il rempli à nouveau votre verre, puis le sien après l’avoir achevé d’une traite, pour ensuite le laisser à côté de la bouteille.


Dernière édition par Vasco Abaddon le Jeu 5 Juin - 1:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vasco Abaddon   Jeu 5 Juin - 1:16

A l’aube de mes dix-neuf ans, l’armée espagnole appelait les jeunes citoyens à intégrer les rangs encore trop maigres des volontaires pour la carrière militaire. Je n’avais jamais été tenté, mais Adela avait envoyé mon dossier sans me demander mon avis. Malgré ma majorité, je n’ai pas voulu m’opposer à ses choix. Elle était très certainement la seule personne au monde que j’ai réellement respecté durant mon humanité et, soucieux de conserver cette image auprès d’elle, je suis reparti seul à Madrid. Inutile de préciser que le changement fut rude. Là-bas, ma gueule d’ange ne m’a pas vraiment servi, sauf à obtenir quelques traitements de faveurs de la part des trop rares gradés qui se laissaient séduire. Il m’a fallu prouver ma valeur dans tous les domaines, et si je le faisais, c’était pour obtenir les congés demandés pour rejoindre Adela dès que je le pouvais. Malgré la violence du changement, j’ai adoré ces cinq années où, pour a première fois de ma vie, j’ai appris que la force pouvait être tout aussi efficace que la simple manipulation verbale.
Ce sont les compétences plus que les désirs de chacun qui répartissaient les soldats dans les différentes unités de l’armée. Je me rappelle qu’à défaut de faire un choix, j’ai cherché pour une fois à me dépasser. A la fin de ma première année, j’ai quitté la force légère d’infanterie pour rejoindre ce qu’ils appelaient la BRIPAC. Il s’agissait d’une unité spéciale. Je crois qu’on appelle ça la brigade d’infanterie parachutiste de nos jours. Je n’ai jamais participé à aucune guerre, mais il faut bien avouer que jouer les soldats largués en territoire quasiment inconnu avec toute une infanterie de camarades chargée de vous arrêter avant votre arrivée à la base, c’est assez éreintant. C’était le genre de mission d’entraînement où il fallait savoir se montrer discret et immobiliser un adversaire sans lui laisser le temps de hurler à la garde.

Citation :
Malgré lui peut-être, il lâche un rire, baissant ses yeux derrière une main les secondes nécessaires pour poursuivre, sans se départir de son sourire amusé.

Mon général de brigade m’a couvert de félicitations en apprenant que, pour arriver le premier, je n’avais pas hésité à traverser le camp choisi comme ennemi, et à suspendre au passage le caporal en service à un arbre, la tête en bas. Le pauvre n’a pas vraiment apprécié, mais ça m’a au moins permis d’obtenir une semaine de plus à Venise auprès d’Adela. Je crois qu’elle appréciait le changement. Il faut dire qu’en quatre ans d’armée, j’ai quitté mon physique d’adolescent à la fragilité séduisante pour prendre un corps dessiné d’Apollon, comme elle disait. Mais au-delà de son regard satisfait, je lui trouvais un petit quelque chose de mélancolique. A l’époque elle n’avait pas accepté de m’en parler, et je dois bien avouer que, malgré mes débuts dans une vie active, ce détail me rendait… Non, pas vraiment soucieux. Juste inquiet. Voir mon mentor sous un autre aspect me donnait quelques incertitudes quant à mon avenir.
Adela m’avait presque toujours donné l’image d’une femme forte et pleine de caractère. Néanmoins, les années faisant, quand moi je gagnais ce caractère, elle semblait le perdre petit à petit. J’ai choisi de quitter l’armée après cinq ans. Non pas par manque de motivation, mais par soucis de rejoindre Adela. Les gradés m’ont accordé une année sabbatique qui s’est finalement éternisée. Je suis retourné à Venise après six mois d’absence pour retrouver une Adela ravagée. Malgré ses quarante ans passés, je lui trouvais toujours ce charme qui la rendait exceptionnelle à mes yeux. Seulement elle se sentait décliner, et cette vision l’horrifiait. Je crois que jamais je n’ai pu comprendre ce qui l’a poussé à vouloir en finir. Elle m’adorait, mais pas assez visiblement. Ou peut-être trop, qui sait. Elle ne me l’a jamais directement avoué, mais je pense que l’âge n’a pas été son unique raison. Le fait est qu’elle vivante, et malgré ma majorité, je n’avais pas l’intégrité de l’héritage de mon père. Avec sa mort, j’ai gagné bien plus encore que je ne l’avais imaginé. Je l’ai accompagné dans sa mort. Après avoir avalé sa réserve de somnifère, elle s’est abandonnée au sommeil pendant que je lui tenais la main. Aujourd’hui encore j’ignore pourquoi j’ai commis cet acte de charité. Elle ne me faisait pas pitié, je l’admirais même d’avoir choisi sa mort comme elle avait choisi sa vie. Elle a été forte, jusqu’à la fin ou presque.

Citation :
Il suspend un instant son récit, reprenant son deuxième verre d’amaretto juste pour en sentir le parfum délicat d’amande et d’alcool. Puis après quelques secondes de silence, il continue.

Adela était ma principale motivation dans la vie. Sans elle pour me guider, je me suis senti l’âme d’un chiot abandonné sur une aire d’autoroute au départ des vacances. Cette image me donne encore envie de rire aujourd’hui. J’étais vraiment lâche à l’époque. Malgré un début de carrière prometteur dans l’armée, je me cherchais encore une raison de vivre une existence que je savais éphémère. L’héritage aidant, j’ai passé les deux années suivantes à profiter des filles, des soirées, de l’alcool et quelques autres choses pour m’amuser. Je ne suis pourtant jamais devenu dépendant à quoi que ce soit de chimique pourtant. Il fallait croire que même ça ne m’attirait pas vraiment. Rien ne m’attirait dans cette humanité, jusqu’à cette nuit de juillet.
C’est là que je l’ai rencontrée pour la première fois.
Son regard bleu pailleté d’or, son charisme, toute cette noblesse qu’elle dégageait dans le moindre de ses pas, dans le moindre de ses gestes… Elle me semblait intemporelle, différente de tous les êtres présents à cette soirée. Je serais bien incapable de décrire avec exactitude tout ce qu’elle fut à mes yeux d’humain ce soir-là. Jusqu’à la fin de la soirée j’ignorais encore la raison pour laquelle elle me fascinait autant, mais je savais au moins comment elle se faisait appeler. Vous la connaissez sûrement, du moins de réputation. La Jumelle du Théâtre ne laisse personne indifférent, n’est-ce pas ? J’ai même essayé de la séduire, sans grand succès d’ailleurs. Mais contrairement à l’habitude, je n’ai pas choisi d’insister. Je suis resté là à l’observer, et à ma grande honte, et pour mon plus grand bonheur, je l’ai suivit quelques heures avant l’aube.
Liliane…
Je ne croyais pas vraiment aux vampires. Malgré un désir évident de croire qu’il existait autre chose que la banale humanité, je n’avais accordé à ces créatures qu’une existence fictive. Pourtant je l’ai vu, cette nuit-là, quand elle s’est accrochée à la gorge de cet homme pour lui ôter son souffle de vie, pour se délecter de son sang. J’aurais peut-être dû fuir, mais sans peur, à quoi bon prendre ses jambes à son cou ? J’ai admiré le spectacle comme j’aurais admiré un serpent étouffer une souris. C’était à la fois fascinant et merveilleux. Une parfaite image de fin du monde. Je n’ai pas cherché à me cacher quand le corps s’est écroulé au sol. Je ne me rappelle même pas avoir sursauté quand elle s’est tournée vers moi, du sang perlant encore au coin de ses lèvres que j’aurais été prêt à embrasser sans la moindre hésitation. L’immortalité est sans doute un cadeau qui se mérite, moi je ne l’ai pas mérité, je l’ai simplement demandé. Et je crois que je ne saurais jamais avec exactitude pourquoi elle a accepté. Avait-elle besoin d’une raison ? Moi j’avais besoin de ce qu’elle pouvait m’offrir.
Cette renaissance a été tout simplement parfaite. La souffrance et la joie exacerbée par la folie étaient sans limite. Cette ivresse, cette douleur violente, cette mort lente et pénible a été paradoxalement délicieuse. Peut-être que j’étais fait pour ça finalement. J’en viens même à croire que je ne suis venu au monde que pour cet instant où enfin elle m’a permis d’accéder à cette chose que je recherchais tellement. Avec l’éternité, le monde m’appartenait. J’étais libre, libre de faire et de voir ce que je voulais, libre d’aller où bon me plaisait, de jouer avec les vies sans réellement craindre pour la mienne, libre de prendre mon temps puisque ce dernier m’était infini. Tout ces sentiments mêlés aux ressentis de cette transformation étaient si puissants que j’ai bien cru sombrer à jamais dans la folie. Peut-être suis-je devenu fou, qui sait ? Il est vrai qu’en y réfléchissant bien, je n’étais qu’un petit humain à l’avenir limité, sans puissance ni motivation. Une chose sans intérêt. Maintenant, j’ai un peu changé. Peut-être voudriez-vous goûter à ce bonheur ultime ?

Citation :
Malgré la douceur de la température, vous ne pouvez vous empêcher de frissonner. En quelques mots, le vampire venait de refroidir l’ambiance encore plus qu’il ne l’avait fait précédemment. Il vous fixe, un sourire dérangeant accroché aux lèvres, avec cet air de prédateur si bien assimilés aux caïnites.

Je plaisante…

Citation :
Malgré vous un soupire vous échappe. Il reprend son expression bienveillante et charmante, prenant une gorgée de son amaretto. Pourtant vous préférez ne pas le quitter des yeux, des fois que…

Je ne suis pas resté avec elle. Au bout de quelques temps, j’ai préféré m’en détacher. Mais ce n’était pas parce qu’elle ne m’intéressait plus, bien au contraire ! Elle était délicieuse, enfantine et pourtant si mature. Jamais je n’ai cherché à la séduire. La servir était mon seul but. Et hélas j’ai vite constaté qu’en restant à ses côtés, je finirais par devenir un serviteur loyal, mais médiocre. Il me fallait voyager, apprendre des choses, me dépasser à nouveau, et revenir plus fort pour faire mon devoir d’infant.
Pendant plus de cent vingt ans je n’ai cessé de voyager. L’Europe, l’Amérique, l’Asie, l’Afrique… J’ai adoré ces continents où je me suis délecté de tous les plaisirs.
Mais malgré ma dépendance aux plaisirs des corps et du meurtre, je prenais le plus grand plaisir à hanter les bibliothèques les plus fournies du monde. Je ne quittais un lieu qu’après y avoir trouvé l’ennui, ou les ennuis, c’était selon. Mon goût du sang m’a attiré quelques désagréments. Certaines villes ont fait grands cas d’un tueur en série qui a finalement disparu dans la nature. Je changeais mes méthodes, passant de la simple exsanguination au massacre pur et simple des corps. Au bout de quelques décennies, tuer était devenu un art à mes yeux. Je pouvais choisir de le faire sans que personne ne le remarque jamais, ou laisser derrière moi un charnier capable de perturber les nuits des plus cruels tueurs en série. C’est lors d’un de mes voyages que j’ai rencontré Hécatriyel. Il est le premier être humain à m’avoir autant intrigué qu’un immortel. En vérité, je pense encore aujourd’hui qu’il existe dans le monde des êtres qui naissent avec pour seul et unique but celui d’accéder à l’immortalité. Dans la fange immonde qu’est la société des mortels, il existe des bijoux précieux que l’on se doit de sortir de la répugnance pour en faire les êtres d’exception qu’ils se doivent de devenir. Hécatriyel était un de ceux-là. Un qui a suivit les jumeaux en Islande quand je ne m’estimais pas encore prêt pour revenir au service de ma Reine.
D’autres êtres intéressants ont croisés ma route, certains très brièvement il faut bien l’avouer. La dernière en date reste cette chère Sacha. Pour le moment, elle n’est qu’un bourgeon pas encore éclot mais j’espère qu’elle deviendra une fleur magnifique… Si elle ne me déçoit pas. Je crois… Oui, je n’avais plus revu un regard comme le sien, partagé entre ses désirs et son bon sens. Elle est forte malgré son humanité. J’espère qu’elle le restera pour s’épanouir puis renaître entre mes bras. Dans le cas contraire… Elle n’y trouvera que la mort et rien d’autre.
Je l’ai rencontrée à Londres, il y a quelques mois de ça. Dans ce bar, elle se détachait des autres mortels sans trop que je ne le sache pourquoi. Son sourire, ses gestes et ce petit quelque chose qu’elle dégageait… C’est encore sous-jacent mais ce joli jouet pourrait bien me surprendre. J’ai choisi de la condamner, pour qu’elle me divertisse, qu’elle me surprenne. Elle fut la première chose que j’ai emportée avec moi en prenant mes appartements en Islande. Il me fallait quelque chose à avoir sous la main, quelque chose sur quoi bâtir des plans, et surtout m’amuser. Elle est… Divine, vraiment. Une adorable poupée qu’il me plait à maltraiter, à détruire pour mieux réparer. Non, ne cherchez pas autour de vous, elle ne viendra pas, elle doit m’attendre sagement attachée à mon lit.

Citation :
Il finit son verre puis le repose sur la table pour revenir vous fixer, ses mains posées au bout des accoudoirs de son voltaire.

Vous devez penser que je m’estime prêt à accomplir mon devoir, puisque je me suis décidé à rallier l’Islande. Mais détrompez-vous. Ma raison principale c’est une demande d’Hécatriyel. Mais depuis son appel, quelqu’un a osé s’en prendre à lui. Ce n’est pas tant le fait qu’il s’agisse d’un de mes infants qui me dérange. C’est surtout le geste lui-même. Aucun être ne doit s’en prendre à un immortel. Les vampires n’ont été créés que dans le but de dresser cette vilaine chose qu’est l’humanité. Et alors que les caïnites prouvaient leur suprématie, il a fallu qu’un petit malin s’en mêle. Ça me dérange, je dois dire.
Je sais… Je me suis étalé sur mon humanité et vous n’avez eu qu’un honteux résumé de ma longue immortalité. Sachez que votre jeunesse vous empêche de réaliser à quel point l’existence peut être riche et palpitante au point de ne jamais paraître assez longue. Cette survie me plait tellement !
Effectivement, les vingt premières années de ma vie ne sont pas le meilleur reflet de ma personnalité. Depuis ma renaissance, je suis… Comment dire… Quelque peu différent. Et cette différence ne fait que se démarquer au fil des décennies. Mais je crois qu’il serait inutile de trop en parler, vous vous ennuieriez forcément, et il se trouve que je commence à avoir une toute autre sorte de soif.

Citation :
La porte vous semble bien loin tout à coup…


Dernière édition par Vasco Abaddon le Ven 6 Juin - 21:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vasco Abaddon   Jeu 5 Juin - 1:40

Bienvenue !

Je suis très contente de cette fiche. Encore une fois, j'ai un grand plaisir à te lire, tes personnages sont construits et intéressants et ton écriture est fluide.
Que du bénéfique, en toute somme.

C’est donc avec un grand plaisir que je t’accueille sur ce forum et je te souhaite un très bon jeu.
Fiche validée

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MessageSujet: Re: Vasco Abaddon   Jeu 5 Juin - 1:43

Embarassed Merci, ô ma Reine.


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